Vu! Truth, de James Vanderbilt.

23 décembre 2016

Vu! Truth, de James Vanderbilt.

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En 2004, quelques mois avant l’élection présidentielle, l’équipe de journalistes d’investigation de Mary Mapes, productrice pour l’émission 60 Minutes diffusée sur CBS, enquête sur le passé militaire de George W. Bush et comment il a échappé à la guerre du Viêt Nam grâce à des magouilles politiques. Le sujet est diffusé en urgence et cause une grosse polémique. L’équipe de Mary et le présentateur vedette Dan Rather sont accusés d’avoir présenté des faux et les témoins se rétractent uns à uns alors que la campagne bat son plein.

Après un Cinquième Pouvoir un peu décevant, j’avais envie de rester dans le sujet. La presse et le pouvoir, une mine d’or pour les histoires polémiques. J’avais beaucoup aimé Spotlight et je m’attendais à un film dans la même veine avec Truth.

Les faits n’ont pas forcément été beaucoup documentés en France, mais ils se révèlent très intéressants. Bon, c’est peut-être parce que j’aime bien quand on dénonce les abus de pouvoir. Et là-dessus, l’adaptation du récit de Mary Mapes n’y va pas par quatre chemins. Sans jamais vraiment l’affirmer, il est évident que ce film est à charge contre l’ancien président américain. Notamment avec cet extrait de conférence de presse, juste après son élection, où il remercie la presse pour leur travail, soulignant l’hypocrisie d’un pouvoir manipulateur.

Bon, on ne va pas se mentir, le film n’est pas d’un rythme extraordinaire. En même temps, c’est un film d’enquête journalistique et pas le dernier Fast and Furious. Ceci dit, Spotlight avait montré qu’on pouvait raconter l’investigation avec passion. Ici, le scénariste James Vanderbilt fait ses débuts derrière la caméra et ça se sent. La réalisation n’est pas maîtrisée, trop lisse, trop propre, pas assez ambitieuse ou audacieuse. Il y a même plusieurs séquences vraiment moyennes, pour ne pas dire mauvaises, avec de nombreux ralentis et plans inutiles. Et il n’est pas aidé par une musique qui veut conférer une ambiance de grand film à Truth sans jamais y parvenir. Pire, elle dessert par moments.

Heureusement, il y a les acteurs. Sans être absolument exceptionnels, ils sont tous au niveau. Avec, en tête, une Cate Blanchett que j’ai trouvé très inspirée. Je ne suis pourtant pas fan de l’actrice australienne, mais j’ai vraiment aimé son interprétation de la journaliste américaine au cœur du scandale.

Tout comme j’ai apprécié celle, toute en sobriété, de Robert Redford sous les traits du journaliste vedette. Très sérieux, il a un charisme évident et excelle dans les rôles importants. Topher Grace est également très bon en jeune journaliste un peu rebelle, un rôle différent de ceux qu’il a pu avoir récemment et qui montre que l’ancien Eric Forman peut être plus qu’un gentil loser ou un méchant au rabais. Dennis Quaid, Elisabeth Moss, Bruce Greenwood, David Lyons, John Benjamin Hickey, Stacy Keach et Dermot Mulroney complètent le casting.

Je vous mentirais si je vous disais que Truth est un grand film. Ce n’est pas le cas. Il a trop de défauts pour seulement être considéré comme tel. D’ailleurs, il n’a eu aucune nominations pour les Oscars, qui raffolent pourtant de ce type de production. Malgré tout, l’histoire est intéressante et les acteurs sont bons. Alors si vous êtes branchés politique et complots, et que vous n’avez pas peur des rythmes lents, ça pourrait peut-être quand même vous tenter d’y jeter un coup d’œil.

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