Vu! Vesper, de Keyvan Sheikhalishahi.

25 mars 2017

Vu! Vesper, de Keyvan Sheikhalishahi.

vesperMarge, isolée de tous dans sa maison de Deauville suite à un drame, est torturée par Walter, son mari manipulateur. Christian, son neveu, essaie de l’aider, mais c’est prendre le risque de briser l’équilibre malsain qui unit Marge et Walter. Que veut Walter ? Qu’est-ce qui hante Marge ?

Un jour, je reçois un mail d’un expéditeur qui m’est inconnu. En jetant juste un coup d’œil à son nom imprononçable, je me dis « qu’est-ce que c’est que ce truc ? » J’ouvre le mail, et il s’avère que ce « truc » c’est une invitation à la projection privée du premier court-métrage d’un très jeune réalisateur français.

En tant que (plus très) jeune auteur français moi-même, j’ai évidemment été sensible à cette invitation et je m’y suis donc rendu avec grand plaisir.

Organisée dans l’immeuble de la TSF à Saint-Denis, cette soirée était l’occasion pour Keyvan Sheikhalishahi de présenter ce film court de 23 minutes, Vesper, sa première réalisation professionnelle. Avant la projection, le jeune homme nous a, entre autres, expliqué un peu son parcours, son amour du cinéma, des films d’Alfred Hitchcock, de Paul Verhoeven ou encore de David Lynch.

Autant j’adore le cinéma, autant je ne regarde que très très (très) peu de courts-métrages. Mais je ne suis jamais fermé à une bonne histoire, quelque soit son format.

Et Keyvan Sheikhalishahi en a une, de bonne histoire. Il a parlé de ses influences avant la projection, et elles se retrouvent dans son film. Le suspense hitchcockien, le symbolisme lynchien avec l’accent mis sur la psychologie des personnages (soin qui me touche particulièrement). Il ne fait aucun doute que le scénario a été beaucoup travaillé pour livrer les éléments sans mâcher le travail du spectateur (j’ai adoré la fin ouverte). Et ça me plaît beaucoup.

Autour de lui, le jeune réalisateur a su rassembler une équipe expérimentée, du compositeur au directeur de la photo en passant par les acteurs.

Ils sont trois à jouer dans ce film.

Götz Otto, un acteur allemand de métier dont le fait d’arme le plus connu est d’avoir joué un des méchants dans Demain ne meurt jamais. Il a depuis eu de nombreux rôles dans diverses productions américaines, allemandes ou françaises. C’est, de loin, celui qui a le plus d’expérience et ça se voit. Il a du charisme et une présence inquiétante.

Face à lui, on retrouve Agnès Godey, dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’ici. Sa prestation m’a moins convaincu. Je l’ai trouvée très (trop) théâtrale dans certaines scènes, où elle surjoue lourdement, et plus naturelle dans d’autres, où elle apparaît plus authentique.

Et entre eux, Keyvan Sheikhalishahi passe devant la caméra pour interpréter Christian. Si je suis sûr qu’il est plus dans son élément derrière la caméra, le jeune réalisateur s’en sort avec les honneurs.

Ce qui est certain, c’est que Keyvan Sheikhalishahi a voulu faire les choses avec professionnalisme, se tournant par exemple vers un club d’astronomie pour toutes les images des étoiles, le symbole majeur du film. Si on lui demandait, je pense qu’il aurait voulu en faire encore plus, mais il peut être fier de son travail.

Car, dans l’ensemble, Vesper est une très belle surprise. Pour être tout à fait honnête, je n’étais pas sûr de ce à quoi je pouvais m’attendre. J’avais regardé la bande-annonce avant le jour-J, mais j’ai du mal à faire confiance à ces bêtes-là (les bandes-annonces). D’ailleurs, pour moi, celle de Vesper (que vous pouvez retrouver ici) ne reflète clairement pas toutes les qualités du film.

Bravo encore à son réalisateur, Keyvan Sheikhalishahi, dont je suis sûr que nous n’avons pas fini d’entendre parler !

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