Vu! Bates Motel, saisons 4 et 5.

15 janvier 2019
Bates Motel saison 4
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Norma devient de plus en plus inquiète pour Norman. Si elle continue de le défendre becs et ongles devant quiconque aurait quelque reproche à lui faire, elle cherche néanmoins à lui trouver l’aide d’un professionnel. Leur confiance mutuelle l’un en l’autre en prend un coup, tandis que Norman peine à maintenir son emprise sur la réalité.

La saison 3 de Bates Motel m’avait laissé sur ma faim. Il y avait quelques prémices de noirceur et d’audace, mais pas assez pour me pousser à regarder la quatrième saison dans la foulée. Je n’étais même pas sûr de la regarder un jour, de peur d’être définitivement déçu.

Le fait que la série se termine à l’issue de la saison 5 m’a rassuré, et mon soucis principal était d’en finir.

J’ai été agréablement surpris par la quatrième saison de Bates Motel. Très agréablement surpris, même. Certes, il reste des personnages faiblards, des arcs narratifs moyens, des raccourcis qui hurlent « série basique de network américain ».

Mais, à côté de ça, il y a la relation entre Norman et Norma, plus malsaine et dérangeante que jamais.

Il y a aussi un gros travail sur l’ambiance, sur les visages, les expressions faciales, les jeux de regard, les émotions.

Freddie Highmore prend une nouvelle dimension et sort peu à peu de ce personnage faussement lisse et innocent pour montrer une palette plus sombre.

Vera Farmiga, elle, est tout simplement parfaite. Elle porte la série depuis le premier épisode grâce à son jeu irréprochable. (je ne le ferai pas mais) Je pourrais (presque) regarder à nouveau la série rien que pour la voir s’emporter tout à coup, montrer une faiblesse et un charme déroutant, rien que pour voir ses yeux me raconter une histoire.

Nestor Carbonell reste un acteur que j’apprécie et son personnage de shérif Romero, même s’il souffre de quelques défauts, connaît lui aussi une embellie lors de cette quatrième saison.

Même Max Thieriot, qui est selon moi le personnage principal le plus faible de la série, et de loin, a ses moments dans cette quatrième saison, notamment vers la fin. Car, on ne va pas se mentir, le couple qu’il forme avec Olivia Cooke n’a pour seul intérêt que de combler les moments de creux, d’aérer la série quand la relation Norman/Norma devient trop pesante.

Bates Motel a voulu moderniser l’histoire de Norman Bates et je trouve ça dommage. C’est quand la série se place dans une bulle intemporelle qu’elle fonctionne le mieux, et de loin.

Et cette quatrième saison en est un excellent exemple. Je l’ai d’ailleurs trouvée tellement bonne (en tout cas par rapport aux autres) que j’ai voulu enchaîner dans la foulée avec la cinquième et dernière saison, curieux de voir ce qu’on nous réservait après un très bon finale.

Bates Motel saison 5

Malheureusement, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que la série était retombée dans ses travers.

Dans la mort, la dynamique Norman/Norma manque de souffle pour supporter à elle seule l’entière charge de la série. Alors on meuble avec des histoires secondaires qui peinent à prendre, quand elles ne sont pas tout simplement artificielles et/ou farfelues.

Madeleine (joué par la charmante Isabelle McNally) est une exception. Sans être parfaite, elle permet de recréer une dynamique perverse intéressante et ravive, le temps de quelques épisodes, la flamme entre mère et fils. Mais ça ne dure pas. En fait, ça semble surtout n’être qu’un mauvais prétexte pour introduire le personnage de Sam Loomis et, par extension, de Marion Crane, jouée par une certain Rihanna. Si vous avez vu Psychose/Psycho, les noms vous diront quelque chose.

Le clin d’œil est sympathique, sans plus. Là où le premier acte du film (d’Hitchcock ou de Gus Van Sant) est audacieux et intelligent, cette parenthèse en plein milieu de la saison finale tombe comme un cheveux sur la soupe. Surtout que les scénaristes s’amusent à recréer la scène de la douche de manière très, très, bancale.

Le retour et la quête de vengeance de Romero paraissent à peu près corrects mais sans plus.

L’excentricité de Chick est intéressante, mais à petite dose. Son apport s’essouffle très vite.

La double vie de Norma(n) est à peine esquissée, ce qui laisse un arrière-goût de gâchis. Dommage. Et quid du personnage du psy, que Norman croise par hasard et qui s’avère être mort depuis plus d’un an ? Pas d’explication ni de payoff. Dommage aussi.

Dylan continue d’être le personnage que j’aime le moins. inexpressif et larmoyant, il me donne envie de bâiller à chaque fois qu’il souffle, de sa voix morne « I understand… ».

J’oubliais le retour de Kenny Johnson, alias Caleb. C’est sans doute lui, le vrai pire personnage de la série.

Ceci dit, j’aime bien la nouvelle shérif, jouée par Brooke Smith. Elle m’évoque un personnage inspiré par les deux premières saison de Fargo.

Dans l’ensemble, Bates Motel oscille entre l’envie de proposer un programme différent, original, et les mauvais réflexes de toujours rester dans un moule très codifié pour rassurer les masses.

L’épisode final, à l’exception de deux/trois scènes, permet néanmoins de conclure la série en beauté. Il y a des séquences ambitieuses, audacieuses, même, puissantes, coup de poing et, enfin, un peu d’émotion chez Dylan.

De cette série, je retiendrai surtout le jeu de Vera Farmiga, notamment son jeu de regard absolument parfait, qui justifierait presque à lui de regarder Bates Motel. Les détails, les reflets, l’émotion, tout y est.

Dommage que le reste soit trop souvent trop moyen. L’histoire avait pourtant du potentiel. Les acteurs principaux sont très bons. Mais ce qui était intrigant sur le papier se révèle, malheureusement, globalement décevant.

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