Vu! BlacKkKlansman : J’ai Infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee.

10 mai 2019
BlacKkKlansman, de Spike Lee
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À la fin des années 70, dans la ville de Colorado Springs, Ron Stallworth devient le premier policier noir. Confiné aux archives, Ron doit subir les remarques racistes de la plupart de ses collègues. Après avoir insisté, il obtient de son chef l’opportunité d’infiltré un meeting des Black Panthers au cours duquel il rencontre, et tombe amoureux de, Patricia, la présidente de l’organisation des étudiants noirs.

Maintenant membre du service de Renseignement, Ron décide d’appeler une annonce passée par le Ku Klux Klan et, après une discussion téléphonique avec le responsable de la section locale, il se fait rapidement recruter. Seul problème, il doit trouver un blanc pour interpréter son rôle dans la vraie vie.

Quand j’ai entendu parler d’un film inspiré d’une histoire vraie sur un Noir qui a infiltré le KKK, j’étais pour le moins intrigué. Sachant que Spike Lee était derrière la caméra, ça promettait un certain engagement.

Le fait que le film ait remporté le Grand Prix l’an dernier à Cannes n’était pas spécialement un argument pour moi. Je n’ai qu’une foi très limitée en ce type de prix.

Toujours est-il que je n’ai pas été déçu par BacKkKlansman.

Dès les premières minutes, il y a cette scène surréaliste où Alec Baldwin, prêtant ses traits au Dr Kennebrew Beauregard, enregistre un message propagandiste absolument affligeant. Le ton était donné.

Tout au long du film, on oscille entre politique et comédie, avec des répliques tantôt justes, tantôt drôles, tantôt confondantes.

Le casting, fondamental pour ce type de film, est à féliciter.

À commencer par John David Washington. Pour son premier grand rôle au cinéma, il retrouve Spike Lee, qui l’avait déjà fait tourner dans Malcolm X, bien des années plus tôt. Du temps a passé et le fils de Denzel montre avec ce rôle qu’il tient de son papa un talent naturel. D’ailleurs, il a été nommé (et c’est bien mérité) pour le Golden Globe du meilleur acteur pour son rôle de Ron Stallworth.

À ses côtés, il y a l’excellent Adam Driver, qui joue Flip Zimmerman, un juif non-pratiquant qui devient la doublure blanche de Ron Stallworth. Quel que soit le film ou le genre, Adam Driver semble tirer son épingle du jeu. Et vu le nombre de films dans lesquels il joue, c’est foutrement impressionnant.

Topher Grace est très bon dans son rôle du méprisable (et soutien de Trump) David Duke ; Jasper Pääkkönen est tout aussi bon dans son rôle du détestable Félix ; Laura Harrier, elle, ne joue pas un personnage haïssable, mais son rôle de Patrice montre la mesure du fossé racial.

Citons également les prestations de Corey Hawkins, Ryan Eggold, Ashlie Atkinson, Robert John Burke, muMs da Schemer, Michael Buscemi, Nicholas Turturro ou encore Fred Weller.

Niveau réal, c’est très propre, à l’ancienne, avec une jolie photo et quelques plans sympathiques (comme ceux du téléphone, par exemple).

En ce qui concerne le scénario, et même si l’histoire est une adaptation des mémoires de Ron Stallworth, ça reste un film et, en-dehors de son histoire si particulière, un film assez classique. Des gentils bien identifiés, des méchants encore mieux identifiés, un complot à déjouer, des risques et même une exposition malvenue. Avant une fin attendue.

Ça pourrait être une comédie policière somme toute basique, si ce n’était pour le fond du message qui, lui, est malheureusement tout à fait sérieux. Et si le film se déroule dans des États-Unis en pleine révolution culturelle, le sujet est toujours d’actualité.

Pour le rappeler, Spike Lee a décidé de terminer son film sur des images de David Duke et de Donald Trump après la tuerie de Charlotteville. Et, clairement, ça met une claque.

BlcKkKlansman est un film à la fois divertissant et poignant, que je vous recommande sans réserve (sauf si, bien sûr, vous êtes raciste, auquel cas vous risquez de ne pas l’apprécier plus que ça…).

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