Vu! Game of Thrones, saison 8.

24 mai 2019

L’hiver est là. Les marcheurs blancs ont franchi le Mur pour pénétrer dans Westeros et avancent en direction de Winterfell. Jon Snow a prêté allégeance à Daenerys, qui lui a fourni en échange son armée et ses dragons pour défendre le Nord. Les tensions sont pourtant palpables entre les nouveaux alliés, notamment la Reine et Sansa, malgré les efforts de Tyrion pour les apaiser. Alors que la bataille pour la survie de l’espèce humaine est sur le point de débuter, plusieurs secrets sont révélés, qui risquent de remettre en question le futur du Royaume des Sept Couronnes.

*** Attention, cette chronique contient des spoilers, alors si tu n’as encore vu toute la saison 8 de Game of Thrones, ne lit pas plus loin. Tu peux aussi arrêter de regarder la saison 8 de Game of Thrones et t’éviter tout un tas d’émotions désagréables ***

Je ne crois pas avoir jamais vu une dernière saison aussi attendue. De mon temps, il y a eu Friends, il y a eu les Soprano, X-Files, Lost ou Breaking Bad. Mais aucune n’a généré autant d’attentes que cette saison finale de GoT.

Déjà que chaque nouvelle saison de la série adaptée de l’œuvre de George R. R. Martin était un événement, cette dernière saison était encore un cran au-dessus.

D’habitude, j’attendais patiemment la sortie Blu-Ray (en esquivant autant que possible les spoils) pour pouvoir binge watcher à mon rythme. Cette fois-ci, cependant, pour ne risquer qu’on me gâche le plaisir du visionnage, j’ai décidé de suivre la diffusion américaine.

Après un premier épisode plutôt encourageant, je me suis pris à espérer que j’en prendrai plein les mirettes. Et j’y ai cru quelques temps.

Jusqu’à l’épisode 3, en fait.

La bataille la plus chère de l’histoire. La vraie bataille, si je puis dire, celle qui décidera du sort de l’humanité face à l’invasion des marcheurs blancs.

Une ambiance très sombre. Trop, même, par moments. Quelques séquences impressionnantes, certes, mais globalement, j’ai été déçu.

Avant même d’en venir à la conclusion de la bataille, je suis resté sur ma faim. C’est peut-être la bataille la plus chère de l’histoire, mais ça reste une simple bataille filmée dans une pénombre agaçante, avec énormément d’éléments à prendre en compte qui ne sont pas toujours très clairs.

Quant à la fin de l’épisode, bonjour le tout ça pour ça.

La conclusion se tient, d’une certaine façon, mais merde, ça fait 8 putains de saison qu’on attendait ça et l’impression qui me reste et que c’était soit bâclé soit ça manquait grandement d’ambition.

J’aurais également aimé voir mourir quelqu’un d’important. Parce que merde, on se débarrasse de la plus grande menace de l’histoire des hommes sans un réel sacrifice (et non, la moitié des armées et une poignée de personnages secondaires, ça compte pas).

Mais bon, peu importe…

Arrivé à la moitié de cette ultime saison, mon enthousiasme était déjà sérieusement entamé.

Mais je m’accrochais à l’idée qu’il restait encore trois épisode pour finir en beauté, malgré tout. Sauf que j’ai vite compris que je ne serai pas satisfait.

Pourtant, les épisodes 4 et 5, sans être grandioses, n’étaient pas mauvais. J’ai aimé la façon dont Daenerys vrille, même si les raisons qui la poussent ne sont pas assez développées à mon goût ; j’ai aimé la façon dont Jon doute, dont il est partagé entre la raison et son amour pour sa tata ; dont Cersei utilise son peuple. La bataille de l’épisode 5 m’a plus convaincu que celle du 3, même si elle est loin d’être parfaite.

Mais j’aurais fait avec.

Quant à l’épisode final, qui conclut la série la plus importante de l’histoire, ma foi, ce n’est ni plus ni moins qu’un sacrilège.

Je n’ai pas grand chose à redire sur le choix du nouveau souverain, je pense même que tout bien considéré, c’est un excellent choix, parfaitement expliqué par Tyrion. Par contre, pour la manière, c’est une autre histoire.

Les retombées du coup de folie de Daenerys, très bien. La discussion entre Jon et Tyrion est sans doute le meilleur moment de toute cette saison (même si elle est un peu longue, quand on pense au temps qu’il reste pour conclure la série). Même celle entre Jon et Daenerys est presque parfaite.

Par contre, les nombreuses incohérences (Jon qui tente d’empêcher Vers Gris d’exécuter les derniers gardes, qui part voir Daenerys au palais et qui croise Vers Gris sur les marches, par exemple) m’ont dérangé. La destruction du trône par le dernier dragon (dont l’émotion quand il découvre le corps de sa mère m’aurait presque fait verser une larme), j’ai failli vomir tellement c’était dégueulasse visuellement. Et que dire de cette putain d’ellipse toute pourrie qui évite d’avoir à expliquer pleins de trucs qu’il aurait été difficile de justifier ? Ça fait flemmard, pour ne pas dire que ça relève de la pure incompétence (ou de contraintes imposées par les producteurs).

Et puis merde, quoi, c’est mou, c’est calme, il ne se passe rien de vraiment marquant.

Globalement, dire que cette dernière saison est une grosse déception serait un énorme euphémisme. La sous-exploitation grossière du personnage d’Arya qui, rappelons-le, sauve le monde dans l’épisode 3 avant de se révéler immortelle dans l’épisode 5 (même si ce n’est pas spécifier très clairement, il y a pour moi peu de doute, elle meurt et revient à la vie plusieurs fois au cours de l’épisode) pour finir comme une simple figurante dans l’épisode 6.

Jon s’en sort un peu mieux, même si le traitement de son personnage aurait dû être plus audacieux.

Sansa finit comme elle a commencé, dans le rôle de la sale petite peste Stark qui se croit meilleure que les autres et qui n’est muée que par la jalousie. Comme si tout ce qu’elle avait subit au cours de la série était oublié. Bravo, l(‘absence de cohérence de l)a psychologie du personnage…

Je passe sur le manque d’ambition flagrant des producteurs et scénaristes. Game of Thrones est devenu une série culte en bousculant les codes, en proposant autre chose, un produit plus mûr, visant un public adulte et avertit, qui n’a pas peur de voir une paire de boobs, des tripes et qui sait, surtout, que tout peut arriver à tout moment, que personne n’est à l’abri.

Cette dernière saison, interdite aux moins de 12 ans, sans doute pour maximiser un profit immédiat, renie tout ce qui a fait le succès de la série. C’est consensuel, presque banal. Sans réelle surprise, sans ce petit truc en plus qui faisait que GoT était GoT.

Conclure une telle saga était une tâche périlleuse? Satisfaire tout le monde était mission impossible. Mais là… j’ai l’impression qu’ils ont saccagé le truc. Comme si ce n’était pas important. Comme si on pouvait renier tout ce qui a fait la force et le succès de la série.

Et le pire, c’est que les acteurs n’y sont pour rien. Tous sont excellents et peuvent être fiers de ce qu’ils ont apporté à la série. Cette dernière saison, au milieu des contradictions scénaristiques, des développements hasardeux et des conclusions bâclées, aura encore montré que le casting était encore et toujours au rendez-vous, prêt à rendre justice à une série qui, pour beaucoup, aura lancé et cimenter leur carrière.

Je pense à Kit Harington, à Emilia Clarke, à Peter Dinklage ou Nikolaj Coster-Waldau, pour ne citer qu’eux.

Game of Thrones restera une série majeure. Mais cette dernière saison est une énorme déception. Un sacrilège. Une insulte aux fans.

J’espère seulement que George R. R. Martin saura terminer la saga littéraire comme elle se doit.

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