Vu! How It Ends, de David M. Rosenthal.

2 octobre 2018

Vu! How It Ends, de David M. Rosenthal.

Après un dîner catastrophique avec les parents de Sam, sa fiancée enceinte (mais sans sa fiancée enceinte), Will est sur la route pour attraper son vol pour rentrer à Seattle. Il a sa fiancée au téléphone et elle lui dit qu’il se passe quelque chose d’étrange autour d’elle. La communication est coupée et quand Will arrive à l’aéroport de Chicago, tous les vols sont annulés et les infos annoncent un séisme sur la côte Ouest. Malgré leur différend, il retrouve son beau-père, qui lui demande de l’accompagner jusqu’à Seattle pour sauver Sam.

J’avais entendu du bon et du moins bon sur ce film, mais la plupart des commentaires concernaient surtout la fin.

Le début est bizarre, déjà au niveau du scénario mais également avec un montage et une musique qui cherchent à accentué un effet dramatique mais donnent au final des scènes forcées, peu naturelles.

Peut-être que le manque de spontanéité de Theo James, qui joue Will, n’y est pas étranger. Les dialogues mal travaillés, dignes d’une mauvaise série canadienne, n’arrangent rien.

Même Forest Whitaker, que j’aime bien, semble n’avoir participé à ce film que pour ajouter une ligne à son CV, comme s’il était lancé dans un concours de crédits avec Samuel L. Jackson.

Je ne reviens pas sur l’absence de la fille du dîner avec ses parents. Je suppose que si elle avait été présente, les garçons n’auraient pas eu à traverser le pays pour la sauver, ce qui aurait été problématique pour le déroulement du film.

Bref, l' »Incident » arrive vite, avant même qu’on ait une chance de s’attacher aux personnages. L’intrigue est simpliste, éculée. Le gendre va chercher l’approbation d’un beau-père sévère (militaire, évidemment) à travers un périple pour sauver la vie de la fiancée/fille enceinte.

En un temps record, les routes sont fermées et le pays déserté. Ceci ne concerne bien sûr pas les méchants, qui s’en donnent à cœur joie pour profiter de la situation. Ça ne concerne pas non plus tout ce dont nos héros ont besoin pour avancer. Ils tombent par exemple sur un garage ouvert (avec une garagiste sympa, qui répare leur voiture et les accompagne, au cas où ils aient d’autres problèmes mécaniques sur la route) dans une réserve indienne (les réserves indiennes n’ont pas été évacuées).

Les développements sont, au mieux, hasardeux, les incohérences passent inaperçues à côté d’autres incohérences plus importantes.

En moins de deux jours, des milices sont en place, des endroits sont envahis par la végétation (pour bien insister sur le côté post-apocalyptique). Notre héros, avocat de métier, qui a peur des conflits et des armes (d’où le désaccord initial avec un beau-papa qui a fait carrière dans l’armée), qui n’a pas d’entraînement particulier malgré son physique de Chippendale, deviens du jour au lendemain un combattant et un pilote.

Je vais un peu spoiler, pardon pour ceux qui comptaient voir le film (vous me remercierez plus tard).

Il y a une scène où le héros prend une douche (sans doute dans le seul but de montrer ses abdos), mais ne laisse pas à ses compagnons le temps de se laver avant de reprendre la route.

Le père est blessé et sa blessure s’aggrave rapidement, mais tout le monde s’y fait très bien, comme si c’était normal. Il meurt (je vous avais prévenu, je spoile) sans raison apparente, après avoir accompli un acte impossible pour aider son gendre à poursuivre sa route (le fameux « sacrifice »).

Pourquoi on met le feu à une voiture qui tombe en panne ? Je suppose que c’est juste ce qu’on fait le quatrième jour (oui, moins d’une semaine) après avoir basculé dans un monde post-apocalyptique (ça se fait apparemment très, très, très vite).

Je passe sur le message laissé sur la porte, qui est juste ridicule. Les retrouvailles ne sont pas crédibles pour un sous. Au fait, ton père est mort. Ah bon ? Dommage. On s’casse ? La querelle avec le voisin est inutile, le duel qui s’ensuit aussi.

Le départ précipité est juste inconscient puisqu’ils ne prennent ni provisions ni essence pour fuir dans un pays à feu et à sang (et je vous rappelle que la meuf est enceinte et que son père, après une carrière dans l’armée, n’a pas survécu).

La fin est particulièrement polarisante (bizarrement, après avoir spoilé tout le reste, je n’en dirais pas plus là-dessus). En fait, le problème n’est pas la fin, finalement. Le problème, c’est que How It Ends est un mauvais film.

Regarder un film Netflix revient un peu à jouer à la roulette russe cinématographique. Il y en a des productions audacieuses et de qualité. How It Ends n’en fait pas partie. Ce n’est rien de plus qu’un vulgaire DTV sans fond ni substance, porté par un casting apathique et une réalisation malhabile.

Mauvaise pioche.

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