Vu! I Am Mother, de Grant Sputore.

25 juin 2019
I Am Mother

Depuis sa naissance après une gestation accélérée, Daughter est élevée par Mother dans un bunker aux allures de vaisseau spatial. Protégée d’un extérieur nocif mais confrontée malgré tout à la culture humaine, Daughter montre rapidement des signes de curiosité. Curiosité qui s’accroît encore plus lorsque qu’elle découvre une étrangère dans le sas du bunker, qui la met en garde contre Mother et ses robots, déployés à l’extérieur et responsables, selon elle, de l’extinction de l’humanité. Entre Woman et Mother, Daughter va devoir choisir.

Si vous avez ouvert Netflix récemment, vous avez sans doute vu passer ce nouvel ajout. Avec Hilary Swank en tête d’affiche et la promesse d’un thriller SF d’anticipation, I Am Mother était plein de promesses.

Le problème, c’est que le genre auquel s’attaque Grant Sputore, un réalisateur australien inconnu qui signe là son premier long-métrage, a déjà été beaucoup traité. Les thèmes abordés dans son film également (l’allégorie de la caverne, la reconstruction de l’espèce humaine après une extinction de masse, le rapport humains-robots). Mais, il faut bien le reconnaître, mélanger SF, anticipation et huis-clos était une plutôt bonne idée.

En même temps, des bonnes idées, I Am Mother en a quelques-unes. Heureusement, d’ailleurs, car à côté de ça, le film ne peut s’empêcher de tomber dans plusieurs écueils d’un genre ultra-codifié. Il y a plusieurs choses, mais celle qui me semble la plus cruciale est la difficulté d’écrire un personnage unique.

Daughter, jouée par la très surprenante Clara Rugaard, est un personnage unique. Née à partir d’un embryon, élevée par une mère-robot, dans un endroit fermé. Je ne sais pas si son développement personnel est plausible (j’émets de nombreux doutes) mais, en tout cas, il ne m’a pas toujours paru logique ou cohérent. Ce qui, j’insiste là-dessus, n’est pas du fait de la jeune actrice danoise qui, elle, est excellente.

Le personnage de Woman, joué par la valeur (presque) sûre Hilary Swank, est bien plus classique. D’ailleurs, par de nombreux aspects, il ressemble beaucoup, aussi bien physiquement que dans sa construction psychologique et son positionnement à Sarah Connor.

Un très bon point du film, c’est le fait que Grant Sputore ait pris son temps pour raconter son histoire. Si vous cherchez un film d’action, où tout pète dans tous les sens à un rythme régulier et soutenu, passez votre chemin.

I Am Mother s’applique à raconter une histoire. En ce sens c’est presque un thriller psychologique qui se déroule dans un décor de SF.

Décor magnifique, d’ailleurs, aussi bien dehors que dedans.

Niveau scénario, par contre, c’est un peu tarabiscoté par moments, avec une volonté de faire des feintes et autres contre-pieds sur la fin, ce qui, à mon sens, fait que le film se perd un peu sans que le spectateur ne prenne une véritable claque.

J’ai aussi trouvé que l’ensemble manquait d’une véritable logique sur le long terme, ce qui me fait penser que l’histoire a été écrite pour ce film seulement et pas en prenant en compte un univers plus vaste.

Mais, globalement, I Am Mother est plutôt un bon film dans son genre. Si vous avez aimé Ex Machina ou le cinéma de Neil Blomkamp, vous devriez y trouver votre compte.

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