Vu! Maniac, mini-série.

31 octobre 2018

Vu! Maniac, mini-série.

Sous la pression de son père, Owen Milgrim doit témoigner et commettre un parjure pour éviter à son frère de faire de la prison. Schizophrène à tendance paranoïaque, il est submergé par la culpabilité et contrarié par les sentiments troublants qu’il éprouve pour sa belle-sœur. Encore plus fragilisé par la perte de son emploi, il décide de participer à un essai clinique qui a pour but de créer un traitement permettant de guérir tous les troubles psychiques. Annie est accroc à l’une des pilules administrées durant l’essai. En manque et sans argent, elle s’incruste dans l’étude pour avoir sa dose. Lorsqu’il la voit, Owen est persuadé qu’elle a été envoyée pour l’aider à sauver le monde.

Maniac a beaucoup fait parlé depuis sa sortie, fin septembre dernier. Développée librement par Patrick Somerville à partir d’une série norvégienne du même nom, la série est réalisée par Cary Joji Fukunaga, à qui l’ont doit notamment la réalisation du bijou qu’est la première saison de True Detective.

Plutôt que de faire miroiter une longue histoire complexe et une multiplication des saisons, Maniac est une mini-série inclassable, qui oscille selon les épisodes entre thriller psychédélique, drame, comédie noire, science-fiction et fantasy.

Les deux premiers épisodes mettent en place les principaux protagonistes, nous explique qui ils sont et pourquoi ils choisissent de participer à l’essai clinique. On rentre ensuite dans le vif du sujet, en s’intéressant également aux responsables de l’expérience. Puis, peu à peu, on est immergé dans le contenu de l’essai à travers des séquences métaphoriques plus ou moins longues et plus ou moins délirantes.

Maniac m’a fait pensé à un film de Michel Gondry, dans sa façon d’explorer la psychologie humaine au travers de l’onirisme, de la métaphore, du délire, mais aussi par son côté fait-maison qui cadre parfaitement avec l’ambiance 80s dans laquelle elle s’inscrit parfaitement.

Mais la mini-série ne se contente pas d’empiler des délires visuels et créatifs, parfois très décalés, elle est sublimée par un casting complètement fou (dans le sens le plus noble du terme).

En tête d’affiche, Emma Stone et Jonah Hill font un boulot formidable.

Pour son jeune âge (elle n’a que 30 ans) Emma Stone a déjà une grande expérience dans différents genres. Et elle s’appuie parfaitement là-dessus pour donner vie à Annie, une jeune femme pleine de caractère mais également profondément torturée.

Pour Jonah Hill, c’est une révélation. Bien sûr, il avait déjà joué des rôles « dramatiques », mais il est surtout connu pour son humour potache. En tant qu’Owen Milgrim, il est méconnaissable. Par sa transformation physique, déjà, puisqu’il a perdu énormément de poids pour la série, mais également dans son interprétation, qui dégage une profondeur et une émotion à la fois subtile et omniprésente. Je l’ai trouvé tout simplement extraordinaire.

Justin Theroux est capable de camper des personnages complètement fous, ce n’est pas une véritable surprise. D’ailleurs, son James K. Mantleray ressemble un peu à Duck Teddington, dans Mute. Il est à l’origine de plusieurs scènes lunaires.

Sonoya Mizuno, Gabriel Byrne, Julia Garner, Billy Magnussen, Sally Field, Selenis Leyva et Hank Azaria complètent le casting.

Maniac est une série différente, avec sa propre identité, aussi bien narrative que visuelle. Tout sauf consensuelle, elle ne plaira pas à tout le monde et sera même probablement détestée par certains. Mais derrière une façade barrée, elle traite de sujets profondément humains comme la dépression, l’addiction et le deuil.

C’est presque un coup de cœur. En tout cas, la performance de Jonah Hill, à elle seule, vaut le coup d’œil.

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