Vu! Special, saison 1.

15 mai 2019
Special, saison 1

Ryan a la vingtaine, il est gay, il est atteint d’une paralysie cérébrale et vite avec sa mère, qui l’assiste énormément au quotidien. Après s’être trouvé un boulot de pigiste pour un site internet, il décide qu’il est temps pour lui de prendre son indépendance.

Je ne sais pas trop pourquoi je me suis mis cette série. Peut-être le format court, avec des épisodes de moins de 20 minutes, idéal pour le binge-watching. Peut-être le pitch, pour le moins original. Peut-être que l’histoire romancée de Ryan m’intriguait.

Car Special la série est adaptée du roman I’m Special : And other lies we tell ourselves. Ce qui fait (ou faisait, en tout cas à mes yeux) de cette série produite par Jim Parsons plus qu’une comédie, presque un témoignage.

C’est du moins ce que je pensais.

Special porte plutôt bien son nom, parce que la série est… spéciale.

Amusante sans être vraiment drôle, légère tout en évoquant (souvent très vaguement) plusieurs sujets sérieux, voire sensibles. Par exemple la difficulté pour un jeune homme gay avec un handicap visible de se faire une place dans la vie.

Le problème, c’est que c’est à peine esquissé. Par exemple, le rôle de la mère (jouée par la très chouette Jessica Hecht, aux antipodes de son rôle de Susan dans Friends), les difficultés qu’elle affronte au quotidien en tant que mère célibataire en charge d’un enfant dépendant (dont les réactions sont parfois, disons, exagérées) sont évoquées sans vraiment être développées. Elles se voient plus sur ses traits que dans les faits.

Parce que dans les faits, Special est une série très légère. Les problèmes sont facilement réglés, par des pirouettes, des vannes, des sourires.

Le personnage de Ryan (joué par Ryan O’Connell) en est un très bon exemple. Quand il ne ment pas plutôt que d’assumer la vérité, il se confond en excuses et enchaîne les sourires et les petits mots mignons jusqu’à être pardonné, ce qui marche beaucoup trop souvent. En fait, au fil des épisodes, je l’ai trouvé de plus en plus agaçant, à mesure que son égocentrisme prenait le pas sur sa sympathie de façade.

Le personnage de Kim, joué par Punam Patel, sort de l’ordinaire (même si les femmes d’origine indienne de corpulence non-hollywoodiennes ont été popularisées dernièrement, notamment par la géniale Mindy Kaling) tout en restant très superficielle. Il y a un ou deux moments où son personnage est un peu plus profond, mais ça ne dure jamais plus de quelques secondes.

Même constat pour le personnage d’Olivia (joué par Marla Mindelle), qui est le cliché de la cheftaine désagréable, voire méprisante. Mais légère quand même, pour ne pas avoir à trop aller en profondeur non plus.

Il y a bien quelques moments drôles, d’autres touchants, mais ils sont si peu nombreux que c’en est presque anecdotique.

Autant j’aime les histoires différentes, qui explorent des sujets rarement traités, et c’est clairement le cas ici, autant j’aime quand ces sujets sont traités avec un peu plus de profondeur (et je ne parle pas que de la sexualité). Quand on ne se contente pas de jouer sur la sensibilité du spectateur pour arracher quelques sourires.

J’aurais aimé que la série utilise l’humour pour mettre le sérieux en perspective, pas pour éviter d’aller en profondeur, pour rester en surface. Surtout que le sujet s’y prêtait clairement.

Cette première saison de Special est une déception. Heureusement, vu le format, je n’aurais pas trop perdu mon temps.

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