Vu! The Haunting of Hill House.

17 novembre 2018

Vu! The Haunting of Hill House.

Pendant les vacances de l’été 1992, les Crain installent leur famille dans un ancien manoir en forêt, pour restaurer la demeure avant de la revendre. Mais, très rapidement, plusieurs événements étranges viennent perturber leurs plans et un accident tragique pousse le père à quitter précipitamment la maison avec ses cinq enfants. Plus de vingt ans après les faits, la famille est éclatée et reste profondément marquée par ce qui s’est passé à Hill House. Chacun doit vivre en combattant ses propres démons, et il faut une nouvelle tragédie pour réunir la famille à nouveau.

Pas de suspense, sur ce coup-ci : The Haunting of Hill House est un gros coup de cœur, sans doute la meilleure série que j’ai vue cette année.

En tout cas, je suis heureux d’avoir écrit et publié La Maison avant de regarder The Haunting of Hill House. Et de n’avoir jamais lu le roman éponyme de Shirley Jackson dont est tiré la série (même si maintenant, j’ai très envie de le lire).

Certes, mon roman diffère de la série sur de nombreux points, mais ils sont également très proches sur d’autres. Outre la maison de « rêve » à l’écart de la ville, nichée dans une forêt, il y a l’influence de cette dernière sur ses habitants, ainsi que le jeu sur la temporalité, entre autres.

Mais bon, je ne suis pas là pour faire une comparaison de texte…

The Haunting of Hill House a beaucoup fait parler avant que je n’ai l’occasion de la regarder (comme ça arrive beaucoup trop souvent). J’ai vu défiler les recommandations et les éloges, ce qui m’a évidemment donné envie de regarder la série, espérant, une fois n’est pas coutume, partager l’engouement général.

Je n’ai pas été déçu. Dès le premier épisode, j’étais conquis par l’ambiance, la construction, la réalisation, les personnages, les acteurs. Mais surtout l’ambiance.

J’aime les histoires qui font peur, mais je déteste les films d’horreurs qui usent et abusent des mêmes mécanismes éculés pour provoquer des jump scares calibrés sans vraiment chercher à développer une histoire captivante.

The Haunting of Hill House fait exactement le contraire. Bien sûr, il y a quelques sursauts plus ou moins inattendus, mais il y a avant tout une ambiance (je sais, je radote). Une ambiance qui n’existe et ne fonctionne que (et j’insiste là-dessus) parce qu’avant de chercher à nous faire peur, Mike Flanagan, le créateur de la série, cherche à nous raconter une histoire engageante, dans laquelle nous avons envie, en tant que spectateur, de nous investir émotionnellement.

Le reste se fait naturellement.

L’histoire est parfaitement racontée, d’abord en donnant à chaque personnage le temps d’exprimer son point de vue, ce qui nous permet de comprendre à la fois les motivations et les peurs de chacun. Puis en imbriquant habilement les pièces manquantes une à une jusqu’à nous offrir une vision d’ensemble, le tout sans trop nous prémâcher le boulot.

Que ce soit une leçon pour tous les producteurs frileux et fainéants (et ils sont légion) qui se contentent de nous resservir les mêmes histoires encore et encore en nous faisant passer ça pour du grand art.

Les bonnes histoires sortent du lot.

The Haunting of Hill House est une excellente série, portée par un casting impliqué. Pas de gros noms, à part peut-être Carla Gugino (qui a toujours eu un effet hypnotisant sur moi) mais des acteurs qui connaissent leur boulot et incarnent très bien leurs personnages. Et, surtout, des acteurs qui ont, pour la plupart, déjà travaillé avec Mike Flanagan (quand ils ne sont pas carrément marié à lui, comme Kate Siegel).

La réalisation est extra. J’ai adoré comment la caméra tourne autour des protagonistes pour nous montrer des détails, des indices, des fantômes, sans chercher systématiquement le sensationnel. Ça renforce encore plus l’ambiance (que j’ai adorée, je vous l’ai déjà dit ?) oppressante, glauque, malsaine et surtout addictive à souhait.

On m’avait conseillé Ne t’endors pas, un des films que Mike Flanagan avait réalisé (déjà pour Netflix), je vais sûrement le regarder prochainement et me pencher un peu plus sérieusement sur ses précédentes réalisations.

Tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est tellement bon que les quelques bémols que j’aurais (une ligne de dialogue par-ci par-là, un détail qui me chiffonne concernant la dernière scène) n’ont pas vraiment d’importance.

The Haunting of Hill House est une très grande réussite et, comme je l’ai dit au début de cet article, un gros coup de cœur. Si toutes les séries Netflix pouvaient être à ce niveau…

Si vous ne l’avez pas encore vue et que vous n’avez pas peur d’avoir peur, ruez-vous sur cette série de toute urgence !

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