Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson.

10 février 2016

Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson.

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Tout commence par la rencontre avec la mort. Un homme essaie d’ouvrir une bouteille de vin pendant que sa femme s’affaire en cuisine. L’effort lui déclenche une crise cardiaque et il s’effondre sur le parquet. Madame continue de s’affairer en cuisine. Puis on retrouve une fratrie au chevet de leur mère mourante, à l’hôpital ; un cours de claquettes où la prof essaie désespérément de tripoter un de ses élèves ; un duo de vendeurs de farces et attrapes dépressifs ; et d’autres.

Troisième volet d’une trilogie (après « Chansons du deuxième étage » et « Nous, les vivants »), « Un pigeon perché… » est un film suédois très (très) particulier.  Au travers de près de 40 sketchs, Roy Andersson nous dépeint sa vision de l’humain. D’ailleurs, le sous-titre du film est celui-ci « Comment être un être  humain? » Le réalisateur entend nous donner sa vision du sujet à travers ces plans fixes, souvent répétitifs et très vite lassants.

Je me suis laissé tenté par la promesse de voir un film différent. Je connais peu le cinéma suédois, mais j’ai pensé que s’il est aussi drôle et décalé que sa littérature, je pouvais avoir une très bonne surprise. J’ai eu une surprise, c’est sûr. Mais pas celle que j’attendais. Passé l’effet étrange des premiers tableaux, le soufflé est rapidement retombé. J’ai trouvé le reste inégal, répétitif et traînant en longueur. Si vous espérez retrouver l’enthousiasme loufoque de Jonas Jonnasson, vous n’êtes pas au bon endroit. 

Le film n’est pourtant pas dénué de qualités. Sa mise en scène déjà, toute en plans fixes, est originale et bien utilisée. Mais l’absence de réel scénario, d’histoire, manque cruellement. Oui, c’est intelligent, dans le sens téléramaesque du terme, et récompensé d’un Lion d’Or à Venise (ce qui en dit long sur les prix cinématographiques) avant de concourir pour les prochains Oscar, mais ça ne suffit pas à en faire un bon film.

J’ai trouvé de l’ironie, du sarcasme, de l’humour noir, aussi, dans cette succession de scènes, mais si j’ai souri une fois ou deux, je n’ai pas ri. Et j’ai surtout souvent regardé ma montre. Oui, c’est « marrant » de voir deux vendeurs en farces et attrapes être aussi dépressifs alors qu’ils veulent « aider les gens à s’amuser », tout comme il est « drôle » de voir le roi de Suède débarquer à cheval dans un troquet pour convaincre un jeune homme de rejoindre l’armée (et accessoirement de dormir dans sa tente) ; c’est choquant de voir ce singe écartelé sur une table d’expérience pendant que sa tortionnaire est au téléphone, ou ces esclaves noirs que l’on fait entrer dans un cylindre en cuivre ressemblant à une boîte à musique avant d’allumer un brasier. Mais ça ne prend pas.

« Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence » est le genre d’œuvre qui ne laissera pas indifférent. Certains vont l’adorer, la plupart vont détester. Pour ma part, j’ai trouvé le film à l’image de son titre, long. Très long. Trop long. Beaucoup trop long. Mais je suis content de savoir que vous allez bien. J’ai dit, je suis content de savoir que vous allez bien.

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One Comment

  • Aurélien 15 février 2016 at 15:53

    … Je suis venu, j’ai venu et … et.. bien c’est déjà beaucoup. J’ai regardé aussi beaucoup ma montre. Quelques grandes longueur auront eu raison de ma patience.
    J’ai quand même apprécié le montage en plan fixe mais un coté théâtral en est ressorti et je suis moins à l’aise avec ces codes là et je me suis senti (encore plus) perdu.

    Je ne suis donc pas ressorti enthousiaste de ce visionnage mais à chacun de se faire son avis comme dirait l’autre.

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