Vu! Under the Skin, de Jonathan Glazer.

27 janvier 2015

Vu! Under the Skin, de Jonathan Glazer.

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Je savais en mettant ce film que je n’allais pas voir Lucy. Et, sur ce plan-là, on peut dire que je n’ai pas été déçu. Dès les premières minutes, Jonathan Glazer joue avec les ombres, une image très noire, pour nous placer dans l’espace, dans le dos de notre planète, plongée dans l’obscurité, qui fait écran à notre soleil. Puis l’écran devient blanc et un iris se dessine jusqu’à devenir un œil humain. À ce moment-là, normalement, les gens commencent à remettre en question leur choix de film et se demandent sans doute s’ils sont près à supporter une heure trois quart d’images mystiques. Grand plan sur les paysages boisés et rocheux de l’écosse profonde. Des phares percent la nuit, une moto, vu de loin, serpente les routes jusqu’à s’arrêter au bord de l’une d’elle. Le conducteur disparaît dans les ténèbres pour revenir quelques secondes plus tard chargé d’un corps qu’il met à l’arrière d’une camionnette. De nouveau nous sommes ailleurs, dans un paysage immaculé où Scarlett Johansson déshabille son sosie pour devenir elle.
Puis elle roule sans destination au volant de sa camionnette, à la recherche d’hommes seuls, sans famille, qui accepteraient de la suivre jusqu’à un couloir noir. Elle leur laisse entrevoir son corps pour les attirés jusqu’à elle mais ils ne l’atteignent jamais, et sont engloutis par un liquide noir qui semble se nourrir de leur substance. En temps qu’elle prend conscience de son propre corps, elle rencontre un hui va changer sa vie. De chasseuse elle va devenir chassée.
Ce film ne ressemble pas à grand-chose d’autre. La façon dont les plans sont choisis, les décors tantôt naturels d’une ville écossaise travailleuse tantôt artificiel blanc ou noir, on se croirait au bout du monde et nulle part à la fois. Les dialogues minimaliste, la musique troublante, le jeu des acteurs tout en regards et sous-entendus. Et Scarlett Johansson, qui prend des risques avec ce film, bien à l’opposé des blockbusters qu’elle a plus souvent l’habitude de tourner, nous montre qu’elle est capable d’une performance bien plus recherchée que ce que peut tirer Besson d’elle.
Under the Skin ne sera jamais un film populaire, trop décalé, trop dans son monde, pas assez lisse. Par contre, il pourrait rapidement devenir culte tant il est envoûtant et étrange.

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