Vu! War Machine, de David Michôd.

5 août 2017

Vu! War Machine, de David Michôd.

Lorsque la guerre en Afghanistan s’embourbe, le gouvernement américain fait appel au général Glen McMahon, déjà en place en Irak, pour remplacer le chef des opérations au pied-levé et mettre fin au conflit. Leader né plein de convictions, le général est persuadé d’avoir les solutions pour gagner la guerre et libérer le peuple afghan. Avec son équipe, il entreprend de mettre en action ses théories de contre-insurrection, mais il est vite rattrapé par le manque de bonne volonté du gouvernement et l’ingérence des médias.

Un film original Netflix mettant en scène Brad Pitt, ça ne se loupe pas, n’est-ce pas ? Encore moins un film écrit et réalisé par David Michôd, l’australien à qui l’ont doit l’acclamé Animal Kingdom (que je n’ai toujours pas vu) et le western dystopique The Rover (que j’avais bien aimé).

J’ai assez vite déchanté, même si j’ai longtemps gardé espoir qu’il se « passe » quelque chose qui me force à revoir mon jugement.

War Machine est une adaptation du livre The Operators, écrit par Michael Hastings, un journaliste du magazine Rolling Stone et auteur d’un article pour le même magazine qui précipitera la chute du général.

C’est d’ailleurs ce même Hastings, ou plutôt son alter-ego fictif Sean Cullen, interprété par Scoot McNairy, qui narre le film, retraçant le parcours du général et présentant les membres de son équipes. Ce point de vue d’insider permet de situer le contexte assez efficacement. Mais pas le ton.

C’est, à mon sens, le plus gros problème du film. De prime abord, on a l’impression que War Machine pourrait être un film sérieux, presque une enquête d’investigation sur des faits très récents (2009-2010). Et en même temps, on se demande parfois si ce n’est pas une espèce de parodie déguisée.

À commencer par l’interprétation très particulière de Brad Pitt. À croire que les films de guerre ne lui réussissent pas trop ces derniers temps. Je l’avais déjà trouvé moyen dans le très moyen Fury, c’est encore le cas ici. Pendant tout le film, l’acteur reste figé dans une grimace permanente qui lui donne des airs de gentil simplet, bien loin de sa géniale performance dans Inglorious Basterds. Suivant les scènes, le général est dépeint tantôt comme un rêveur psycho-rigide (en ce qui concerne la guerre, notamment face à ses supérieurs) tantôt comme inapte (en ce qui concerne les relations sociales, notamment face à sa femme).

Est-ce que le général est un héros incompris, qui échoue dans sa mission seulement parce qu’il n’est pas aidé par ses dirigeants ? ou bien un imbécile heureux, accroché à des idées dépassées et inapplicables, qui rejette ses erreurs sur ses supérieurs ?

Le reste du casting est très solide, sur le papier. L’expérimenté Ben Kingsley joue un président afghan caricatural et le sous-estimé Topher Grace un conseiller du général. On retrouve également, pèle-mêle, Emory Cohen, bien meilleur que dans The OA, RJ Cyler, Anthony Michael Hall, Will Poulter, Keith Stanfield, mais aussi Alan Ruck, Meg Tilly, Griffin Dunne, Josh Stewart, et même Tilda Swinton et Russell Crowe.

Tous font de leur mieux, certains s’en sortent mieux que d’autre, mais le problème reste ailleurs.

Toujours dans le ton.

War Machine est un film de guerre, d’accord. Bon, ne vous attendez à une version afghane du Soldat Ryan, il n’en est rien. D’ailleurs les affrontements sont réduits au strict minimum (et manquent d’envergure). Par contre, qu’est-ce que ça jacte. Réunion par-ici, discussion par-là, nouvelle réunion, présentation, et ainsi de suite.

Ça jacte, mais on comprend pas trop ce que ça raconte. Ou plutôt ce que ça cherche à raconter.

Est-ce que War Machine est un film qui veut dénoncer les dysfonctionnements de l’armée américaine, une politique gouvernementale hasardeuse et contradictoire, et une position de gendarme du monde contre-productive ? ou bien est-ce juste une satire visant à tourner en ridicule un homme qui a osé critiqué son président dans la presse en le faisant passer pour un idiot ?

J’aurais bien aimé avoir un semblant de réponse à cette question.

Non seulement je n’en ai pas eu, mais, en plus, je ne me suis jamais senti impliqué et je n’ai pas ri. Par contre, je me suis ennuyé ferme. Autant dire que je ne vous recommande pas War Machine.

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